[ARCHIVES] Les Summer Games de 2012

Alors que la Coupe du Monde 2018 approche à grands pas, que notre équipe nationale vient d’être annoncée et que les joueurs du monde entier commencent déjà à se chambrer sur les réseaux sociaux, retour sur la première compétition internationale organisée par la IQA : les Summer Games.

 

Les Summer Games ont eu lieu en juillet 2012 à Oxford, UK. Si aujourd’hui la compétition est appelée Coupe du Monde (ou World Cup pour les very fluent in English), ce n’était à l’époque pas possible, le championnat national américain portant déjà ce nom. Les Américains, ̶u̶n̶ ̶p̶e̶u̶  beaucoup de mauvaise foi, n’ont d’ailleurs accepté de changer le nom de leur tournoi en « US Cup » qu’en 2016, reconnaissant ainsi que le monde ne se limitait pas au seul continent Nord-Américain. C’est gentil de leur part.

Les Summer Games, donc, ont été le premier tournoi international organisé par la IQA, et ont été baptisés ainsi en raison des Jeux Olympiques d’été (été/summer, get it ?) qui avaient lieu au même moment de l’autre côté de la Manche. Le tournoi était donc prévu pour coïncider avec le passage de la flamme olympique à Oxford. Cinq équipes nationales ont ainsi fait le déplacement pour s’affronter et couronner la meilleure équipe du monde du quidditch (spoiler, les États-Unis ont gagné). Cinq équipes ? Seulement ? Et bien oui, il ne faut pas oublier que c’était encore l’époque où l’on jouait avec des balais en bois à plumeau brindilles, où les Américains jouaient en orange et où Boris ne portait pas encore de short Bob l’Éponge.  Ouais.

« C’était dingue. Il n’y avait que 5 équipes, mais pour l’époque il y avait du niveau ! Ce qui m’a vraiment surprise, c’était le snitch. A l’époque c’était encore snitch off pitch : les deux attrapeurs faisaient le brooms up avec les autres joueurs, c’était le fameux  « on baisse la tête, on ferme les yeux! » pendant que le snitch partait faire ses bêtises » – Soraya Abbagnato

 

On se posait déjà les bonnes questions

Suite à la proposition d’Alex Benepe, inventeur du sport, et de la IQA, la France envoie une équipe constituée d’une joueuse de Nantes et de membres des « Fangs of Paris », équipe qui donnera naissance aux Paris Phénix et aux Paris Frog, et qui a la particularité de n’avoir jamais joué un match. L’équipe est recrutée sur des critères stricts et spécifiques : disponibilité et moyens financiers et se surnomme les « Kinder Surprise ». Le quidditch en France n’en est alors qu’à ses prémices.

« À l’époque il n’y avait quasiment pas d’équipes, et très très très peu de gens jouaient au quidditch, on était à peine une quinzaine » – Soraya Abbagnato

L’équipe de France 2012 (©Samantha Medney)
« On n’avait jamais joué un vrai match avant, et on s’est retrouvé en match d’ouverture contre les Anglais. Je me souviens encore juste avant ce match dire à tous le monde « Bon allez, on essaye de marquer au moins un but pour ne pas passer pour des cons ». – Boris Martin

« Personne ne nous attendait et je me souviens encore à la fin de notre premier match quand on a plié les Anglais. Tout le monde nous a regardé en mode « Qui sont ces gens ? » – Harry-Olivier Cabo

Et la France ne s’en sort pas si mal. Les cinq équipes, l’Australie, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et la France s’affrontent d’abord dans des matches de poules avant de se rencontrer en demi-finales, à l’exception du Royaume-Uni qui ne dépasse pas la première phase. Après avoir remporté sa demi-finale face au Canada, la France accède ainsi à la finale mais s’incline devant les États-Unis sur le score de 160*-0.

« Avant la demi-finale contre le Canada, j’ai dit à l’équipe « C’est notre finale, c’est maintenant qu’on va chercher notre médaille d’argent ! » Les USA étaient vraiment très au dessus des autres équipes. » – Boris Martin

 

Le podium des Summer Games 2012. France 2e, ̶H̶o̶l̶l̶a̶n̶d̶e̶ États-Unis 1er, Australie 3e (©Samantha Medney)

L’Australie prend la dernière place du podium devant le Canada et le Royaume-Uni. Cette médaille d’argent de 2012 nous permet de rester devant nos amis anglais au classement général des médailles, puisque ces derniers n’ont remporté que la médaille de bronze lors de la Coupe du Monde à Francfort en 2016.

 

La France et l’Angleterre avaient déjà une relation de franche camaraderie (© Boris Martin)

Dans le cadre des festivités autour du passage de la flamme olympique dans la ville, un match de gala a opposé le Royaume-Uni aux vainqueurs de la compétition, les États-Unis. Après un peu de spéléologie dans l’Internet, le voici, pour votre plus grand plaisir :

 

Six ans plus tard, certains joueurs sont toujours présents dans le quidditch. À la veille de l’édition 2018 de la Coupe du Monde, certains noms seront toujours de la partie : l’Équipe de France a en effet de nouveau sélectionné les vétérans Boris Martin et Flora Giaquinto pour la Coupe du Monde à Florence et Soraya Abbagnato fera de nouveau partie de la sélection belge. Outre Manche, Ben Morton est le seul membre de l’équipe de 2012 à toujours faire partie du roster britannique, dont il a notamment été capitaine en 2016. De son côté, Élodie Laruelle, joueuse de l’équipe de France en 2012 s’occupe de préparer la relève en entrainant la première équipe de kidditch créée en France. Si le niveau moyen a depuis augmenté et si le quidditch s’est largement développé en France mais aussi dans le monde, les Summer Games restent le meilleur résultat français sur une compétition mondiale…pour l’instant !

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