Griffons VS P’titans : tout jeunes et déjà dans la légende

Dans un sport aussi jeune que le quidditch, il y a forcément quelques dates qui comptent plus que d’autres et qui sont devenues des repères lorsque l’on veut parler de l’essor du sport dans notre pays : l’apparition de la première équipe de quidditch à Nantes (2011), la première coupe de France à Viroflay(2014), le sacre de championne d’Europe de la France (2015), et plus récemment, la première rencontre de kidditch entre deux clubs français juniors. Retour sur cet événement historique.

Cette rencontre a eu lieu le 31 mars 2018 à Vincennes, sur les terres des Paris Frog qui étaient aussi venus en nombre assister à ce premier choc, bien qu’il s’agisse encore une fois de matches entre Nantes et les Titans.  Les deux équipes senior se débrouillant toujours pour se retrouver dans la même poule à chaque Coupe de France, les junior ont fait de même ce weekend, perpétuant la tradition. Certes, il n’y actuellement que deux équipes de kidditch en France. Ça aide.

Keskecéke le kidditch ?

Concrètement, le kidditch (contraction de « kid » et de « quidditch ») est la version junior de notre sport. Si les joueurs doivent avoir 16 ans pour participer aux compétitions officielles de quidditch, les kidditcheurs, eux, ont entre 8 et 15 ans, ce qui peut expliquer les différences de gabarits. Les règles du kidditch diffèrent peu de celles du quidditch, son grand frère spirituel. Même nombre de joueurs, gender rule, entrée du Vif au bout de 18 minutes… Les seuls changements concernent les plaquages, remplacés par des ceinturages, et les cognards qui sont des balles en mousse couvertes d’un revêtement pour éviter l’effet éponge. A noter que le fameux facebeat est lui aussi toléré ♥

Bien que les cognards soient en mousse, ces deux joueuses font déjà preuve d’un solide pinch grip
Kikijou au kidditch ?

En France, il n’existe actuellement que deux sections junior rattachées à des équipes de quidditch : les Griffons et…les Titans, surnommés P’titans pour les distinguer de leurs grands frères avec lesquels ils partagent le nom, mais aussi le maillot. Il existe cependant d’autres équipes jeunes rattachées à des établissements scolaires, et qui s’affrontent entre elles, comme les quatre équipes du cercle Magus, du collège Charles de Gaulle, à Montcornet.

L’équipe des Griffons est la première équipe de kidditch à avoir vu le jour en France en septembre 2014. Elle compte actuellement 18 joueurs (14 garçons et 4 filles) qui s’entraînent tous les samedis sous la houlette d’Élodie Laruelle, éducatrice sportive. L’équipe junior des Titans est quant à elle beaucoup plus récente puisqu’elle a été fondée en octobre 2017, mais elle compte actuellement 11 réguliers à l’entrainement (7 garçons et 4 filles) dirigé par Flora Giaquinto, professeure d’EPS.

Les deux entraineures Elodie Laruelle et Flora Giaquinto
Keskicépacé au kidditch ?

Sur une idée des Griffons, qui attendaient depuis 3 saisons de pouvoir enfin jouer contre une autre équipe, les deux clubs se sont retrouvés le samedi 31 mars sur les pelouses de Vincennes pour s’affronter au cours de 2 matches. Accompagnés de quelques parents, les jeunes Nantais ont fait le voyage le matin et ont débuté la première rencontre dès leur arrivée.

« Je pense que le réveil matinal puis le trajet en train, pour enchainer direct avec l’échauffement/match a été un peu beaucoup, il aurait fallu qu’ils puissent se poser une demi-heure au moins, le premier match aurait peut être été un peu différent » – Tiphaine Pasquereau, Paris Frog (ancienne joueuse des Éléphants de Nantes)

Après vérification des règles auprès des entraîneures et des capitaines, l’arbitre principal Cédric Chillan siffle le premier brooms  up. L’état d’esprit est bon, les jeunes font preuve de fair play et de respect envers le corps arbitral (composé de joueurs des Frog et des Titans), et malgré leur jeune âge, on peut déjà voir une bonne compréhension du jeu : les joueurs comprennent la relation batteurs et porteurs de souaffle, les batteurs se montrent agressifs, il y a de bons départs en contre-attaque de joueurs rapides…mais encore quelques imprécisions sur le rattrapage à deux mains. Cela dit, cette compétence étant bien loin d’être maitrisée par tous les joueurs senior, ces petits jeunes ont encore le temps de s’améliorer sur ce point !

Concentration et détermination

 Le premier match (à retrouver ici) tourne à l’avantage des Titans, plus enclins aux contacts qui déstabilisent d’abord les Griffons. Les bleus et jaunes attrapent le vif pour sceller le score : 90*-20.

Au cours du second match (à retrouver ici), les Griffons, un peu remis de leur voyage, ne se laissent pas démonter et réussissent à s’organiser et à s’adapter au jeu des Titans. La moitié de leur effectif a une expérience d’au moins 2 ans, et ils parviennent à jouer comme ils en ont l’habitude, alors que les Titans relâchent leur effort et que leurs batteurs se montrent moins concentrés. L’ancienneté finit par l’emporter, et les Griffons attrapent le vif pour conclure le match sur le score de 90*-20 en leur faveur.

« Nous étions venus pour jouer et pour nous amuser. Je suis tout simplement fière de leur jeu et de leur fair-play. » – Elodie Laruelle, entraîneure des Griffons.

Les deux matches n’ont donc pas permis de départager les deux équipes, les scores témoignant d’une égalité parfaite (90*-20 et 20-90*), ce qui devrait motiver les Nantais et les Parisiens à continuer leur entrainement. C’est donc sur une note très positive que s’est terminée cette première journée de kidditch qui a ravi aussi bien les jeunes joueurs et leurs entraîneures que les parents et les curieux !

L’avantage de cette photo, c’est qu’elle donne le score des deux matches : 90*-20 pour les P’titans, puis 90*-20 pour les Griffons.
Pourkoicékool

Au-delà de l’aspect historique de cette première rencontre de kidditch, il faut surtout retenir l’espoir que représentent ces sections jeunes.

Joueurs de l’équipe de France voyant arriver la relève

A l’heure où certains clubs disparaissent et où d’autres peinent à présenter des rosters pour les compétitions officielles (l’absence de Toulouse à la Coupe de France 2017  reste un de ces tristes exemples), la création d’équipes jeunes témoigne non seulement du dynamisme de quelques clubs français, mais aussi de l’engouement auprès des plus jeunes. Si l’attrait pour le sport est dû à différentes raisons chez les adultes (mixité, mélange des sports, livres, etc), les enfants y viennent majoritairement pour jouer au « sport d’Harry Potter ». Vingt ans après la sortie du premier livre et alors que certains s’interrogent sur la pérennité du sport une fois que les « anciens » auront vieilli, l’existence de structures jeunes permet de préparer la relève, comme l’écrit clairement le club de Nantes sur son site : « dans une logique éducative et sportive, l’école de Quidditch est aussi une formation tremplin pour une poursuite en compétition avec la section Senior. »

La line-up des Éléphants de Nantes d’ici 5 ans ?

De plus, l’existence d’une filière jeune est souvent populaire auprès des collectivités et des mairies. De nombreux clubs sont ainsi sollicités pour intervenir auprès de jeunes lors d’animations ponctuelles (colonies, festivals, fêtes du sport, etc..). Nombreux aussi sont ceux qui ont été approchés par des parents d’enfants de moins de 16 ans qui souhaitent inscrire leur enfants. L’intérêt et la demande sont donc bien là, et il ne faut pas négliger la publicité supplémentaire que représenterait l’ouverture d’une section jeune dans un club. Si le cas du cercle Magus, projet pédagogique mené dans un collège de Montcornet autour d’Harry Potter et du quidditch fait encore office de précurseur dans son domaine, les équipes de kidditch sont elles plus simples à mettre en place et ne demandent pas d’investissement financier supplémentaire : les enfants peuvent utiliser le matériel du club senior sans problème. Il faut donc encourager ces initiatives, et inciter les personnes prêtes à donner de leur temps à se lancer dans l’aventure. Les Griffons et les Titans Junior vous attendent !

Ils y étaient, ils vous en parlent

« C’était bien » – L̶e̶n̶n̶y̶  William Nouvel, vif d’or

« Les jeunes étaient motivés avec un respect des arbitres, un bon état d’esprit. Les filles avaient une vraie place, même plus que dans certaines équipes senior. Cette journée est positive, en tant qu’arbitre j’ai essayé d’être dans la pédagogie en expliquant les fautes, j’ai évité au maximum de mettre des cartons mais j’en mis afin qu’ils comprennent que notre sport a des règles. » – Cédric Chillan, Paris Frog, arbitre des deux matches

Cédric Chillan réprimande un chenapan, sous le regard d’Etienne Pogu, grand habitué des discussions arbitrales

« On sent que les stratégies commencent à être intégrées, j’ai vu de belles choses chez les batteurs et les batteuses qui ont montré une bonne agressivité. Les jeux et les mentalités étaient équilibrés, et s’il y avait moins de filles, elles défendaient bien leur place » – Célie Josse-Chevrollier, Titans Paris

 


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